Ambiance

 

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Dimanche 11 mai 2008

 

Hier il m'est arrivé un truc de dingue de ouf de malade.

Je retourne comme prévu à l'hôpital pour changer mon pansement. J'ai envie d'y aller comme de me faire pendre. Depuis la veille au soir je suis dans un état de crispation et d'angoisse intérieure, mais personne n'en entend parler Mr Asibella est vraiment hyper compréhensif.

Je sais que je vais avoir mal, je sais de quelle façon et avec quelle intensité.

Mais bon, quand fo y aller ...

C'est samedi, c'est super, pas un chat dans les rues, comme un samedi à Bucarest.

Le trajet se fait en 5 minutes, c'est parfait, plus vite ce sera terminé mieux ce sera.

Je trouve une place pile devant le centre médical... Là je mets sur pause, je lève un sourcil et je murmure d'un air circonspect : "hem ! Bizaaarre..." oui, Asibella se prend parfois pour Truman, ça la fait marrer.

Je suis dans la salle d'attente. Les gens défilent. Ils vont demander au front desk si c'est bien là le cabinet de gynécologie ou de dermato. "Non, ici c'est les urgences, c'est marqué sur la porte, le cabinet de ... est au Xème étage, comme indiqué sur le tableau à l'entrée".
Tiens, ici c'est comme en France, les gens ne savent pas lire.

Soudain, elle arrive. L'angoisse. Elle me prend par surprise, me tombe dessus d'un coup et me colle aux basques.
Technnique de respiration. Inspiration profonde, bloque 3 secondes, expiration. Le rythme cardiaque baisse peu à peu, mais je continue à fantasmer.
Et si je disais une prière, ça pourrait peut être m'aider.
Me voilà partie dans une dizaine de je vous salue marie, rien n'y fait, ça ne passe pas.
J'entonne un Notre Père. "Que ta Volonté soit faite". L'abandon de soi encore une fois. Eh bien croyez le ou non,
 je me suis sentie bien d'un coup.
J'ai essayé de m'imaginer Jésus à Gethsémani, ses disciples endormis, lui veillant seul et en proie à la peur et
l'angoisse quelques heures avant son arrestation. Il savait ce qui allait lui arriver, il savait l'ampleur de son sacrifice et la difficulté de ce qu'il devait faire. Et pourtant il y est allé sans haine et sans colère. Abandonné à son Père. Et c'était autre chose que mon petit charcutage de rien du tout !!

Jésus, envoie moi un signe de paix ! Que je me sente apaisée en entrant dans cette maudite salle de soins !

La porte s'ouvre, sort l'infirmière. Elle m'explique en anglais que le doctor est avec un autre patient, qu'il me faudra attendre quelques minutes.

"Are you Ok ? How do you feel ?
Son sourire est bon et bienveillant.

I'm afraid, it will be painfull.

Don't worry my dear, it won't be so painfull. It's the third day now, it will be ok."

Je ne crois pas un mot de ce qu'elle me raconte.
Mais j'attrape la colombe et je me sens détendue définitivement. Merci Seigneur pour ton signe.

Je n'ai presque pas eu mal. Je n'ai plus peur. J'ai retrouvé le sourire !
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Jeudi 8 mai 2008
Asibella se maudit, et elle a bien raison.

Après avoir imprudemment et inconsciemment essayé de déloger par elle même un petit furoncle locataire impertinent qui s'était logé dans sa jambe, elle l'a vu grandir avec émotion jusqu'à atteindre la taille d'une galette saint Michel. Aïe, j'ai beau être matinale j'ai mal.

C'est même pas de ma faute, je suis atteinte du syndrôme de Mère Courage-même pas froid-même pas faim-même pas soif.
 
Mère Courage n'a jamais froid. Oui. Il fait - 15 dehors, on a décidé d'aller en randonnée, chouette !
Mère Courage enmitoufle, encapuchonne, lace et empaquette pendant 15 minutes tout son petit monde. Quand le paquet est ficelé et qu'on a déjà fait quelques kilomètres, oups, Mère "froidmoi?jamais!" s'aperçoit qu'elle a pris sa vareuse à la place de sa doudoune et qu'elle porte des espadrilles au pied... (Eh non, même pas de Damart en dessous, on a le droit de citer des marques ?)
C'est pas grave, elle revient avec une bronchite carabinée et des ampoules jusqu'à l'os, elle s'en remettra, d'ailleurs elle s'en remet très vite, et personne n'en entend parler son mari est très patient et compréhensif.

Mère Courage n'a jamais faim. Enfin nan c'est même pas vrai. Mère Courage a un solide appétit, personne n'est parfait, même pas Mère Courage.

Mère Courage n'a jamais soif. Ca c'est vrai !
A tel point qu'elle peut oublier de se désaltérer une journée entière. C'est quand ses globes oculaires ressemblent à deux bigorneaux séchés qu'elle se décide à vider d'un trait une bouteille d'1 litre. D'eau.
Boire sans soif, quelle tristesse...
N'empêche, Mère Courage collectionne les infections urinaires. Fodrait qu'elle fasse comme les ptis vieux. Un bracelet montre qui sonne toutes les deux heures, lui rappelant qu'il faut qu'elle s'hydrate si elle ne veut pas finir dyalisée à 40 ans.

Et pourtant hier, Mère Courage n'a pas été courageuse.

Direction l'hosto après une semaine de tergiversations "j'y vais j'y vais pas, fuck GI, nan j'ai pas envie, c'est pas sérieux quand même, rooo ça va bien passer tout seul en le désinfectant, ça fait quand même un mal de chien cette merde..."
Finalement la douleur a eu raison de ma patience et de mon inconscience, j'y vais, je case mes trolls chez une bonne copine et je vais consulter dans une clinique roumaine, en anglais. Va expliquer en globish que t'as un truc immonde qui pousse sur le haut de ta cuisse et que tu jongles comme c'est pas permis, que ton mari peut plus t'effleurer de son petit doigt depuis une semaine parceque tu sonnes l'allali, bref ENLEVEZ MOI TOUT DE SUITE CE TRUC DE MERDE OU JE PETE TOUT !

C'est donc tendue comme un string dans un état d' esprit passablement nerveux que je me suis présentée à l'accueil de Medicover.

Je suis tout de suite prise en charge, revenez à 15 h doamna Peltier, on vous fera une incision.
Voilà je rentre, il est 11 h.

J'ai 4 heures pour flipper, et je les emploie à bon escient. Je flippe comme une dingue. Docteur inconnu, médecine inconnue, pays inconnu. Ils en sont où des règles d'hygiène et d'aseptie ? Et sur le plan chirurgical, est ce qu'ils connaissent vraiment leur affaire ? Merde je me suis pas fait vacciner contre l'hépatite B.......  Projetez de vous faire charcuter à Bucarest et on en reparle.

14 h 30 je suis en salle d'attente. 
J'ai envie d'en finir le plus vite possible. 

15 h 25 J'entre enfin en "salle d'op". 

"On va vous faire une anesthésie locale". Je ne sais pas pourquoi je n'y crois pas trop.

L'abcès est profond, la première phalange du majeur. Je passe les détails croustillants, et j'avais raison d'avoir des doutes sur l'anesthésie, elle était juste cutanée, donc en surface. Le coup de bistouri est passé comme une lettre à la poste, le meilleur pire était à venir.
Une douleur mordante, brûlante, dévastatrice. 
I know it's painful... I have to clean it. 
Le téléphone du docteur sonne, son assistante le chope dans sa poche avec ses gants aseptisés. Il parle en roumain mais je comprends. Il est en train de commander son dîner à sa femme le bougre. 
Ca ne pouvait pas attendre ? Bistouris en l'air, mon fessard tailladé devant lui, il envisage une salade de tomates, du poulet pané et de la purée... 
"Come on..." osai-je dire faiblement. Le coup de fil prend fin et il termine son sale boulot.
Je me mords les lèvres pour ne pas hurler, il y a des enfants en salle d'attente... Je verse des larmes silencieuses, l'interne me caresse les cheveux comme une petite fille.
C'est enfin terminé, je suis lessivée, ça a du prendre 10 minutes à tout casser, ça m'a paru une éternité.
Je me redresse, me lève, me rassied, j'ai juste le temps de dire "I don't feel good"
Trou noir.
J'entends des voix, comme une grande agitation autour de moi. J'entends mais je ne sens rien. Je sais qu'il y  a du monde autour, j'aimerais pouvoir dire quelquechose mais je ne peux pas. Je ne vois rien.
Mes jambes sont surélevées, j'ai une sensation très nette d'humidité sur les jambes et je vois défiler ma vie en flashs. Je vois mon grand père, ma fille, François. C'est très tourmenté. Comme si j'étais dans un étage parallèle sans pouvoir accéder à la réalité.
J'étais encore inconsciente et je me souviens m'être demandé ce qu'il m'arrivait.
Lorsqu'enfin je reprends mes esprits, je vois l'interne, une femme, qui me parle et me demande si je sais où je suis.
Je dis oui en roumain, incroyable mais vrai.
L'humidité, c'est très gênant... je me suis détendue d'un coup, plus aucun contrôle, voilà ça m'est arrivé.
Je me rallonge, du glucose en perf et les idées un peu floues.

A aucun moment je ne me suis inquiétée, la seule chose que j'avais en tête c'était que j'allais encore passer au moins une heure ici. Je n'ai qu'une envie c'est de partir et de ne jamais remettre les pieds ici, aussi gentils et compétents soient ils.

Manque de bol, je vais devoir remettre ça tous les jours de la semaine. Ils m'ont posé une sorte de drain qu'il faut changer tous les jours, et non sans douleur. J'y suis retournée ce matin, la douleur était encore plus atroce qu'hier, mais cette fois j'ai pris mon temps pour me relever.

Je peux quand même marcher et vivre presque normalement.

Vivement que tout ça soit loin, j'ai des nausées rien qu'à l'idée de retourner là bas demain. 

Ca me servira de leçon. Ne JAMAIS toucher à un bouton suspect tout seul. Maintenant j'ai compris !



 






par Asibella publié dans : Grattage de nombril
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Vendredi 2 mai 2008
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Ca vous est déjà arrivé.
Les pires disputes de votre couple de votre vie de la vie de la mort qui tue, ont été déclenchées par une misérable miette de pain.
Ce n'est pas cet atome de poussière la véritable cause de votre différend, il n'est que le déclencheur d'un malaise plus profond, plus alambiqué et surtout passé sous silence pendant une période plus ou moins longue, faute justement d'un peu de savon pour vous faire déraper au moment M.
Et c'est le feu d'artifice.
On ressort les vieux dossiers.
On s'écharpe, on s'étripe, on s'écorche le coeur.
Et en son fort intérieur on aimerait ne pas le(la) blesser, parcequ'on l'aime plus que tout.

Ca fait des mois que je lui demande de faire gaffe à ça. Tu parles il(elle) s'en fout complètement.
Tu crois qu'il (elle) a compris la dernière fois ? Tu parles, on est repartis comme en 40, il (elle) en a rien à faire de ma tronche

"Mais bord... de   mer... j'ai aussi quelquechose à dire !
Quel(le) égoaste !

Quelquepart il(elle) a raison, c'est pas sympa de ma part de ne pas comprendre. Je pourrais faire un effort et accéder à sa demande puisqu'il (elle) s'évertue à me l'énoncer clairement.

Mais bord... de Mer... il (elle) pourrait aussi se mettre à ma place !
Quel(lle) égocentrique !

On est malheureux, à en mourir, parceque le sens de notre vie, c'est d'être ensemble en harmonie et de faire le bonheur de l'autre.
Alors on erre dans les méandres du désamour, on se débat avec son quant à soi et on essaye par tous les moyens de museler son égo. Dur labeur, quand ces deux lascars sont musclés.
C'est amusant de voir après coup que l'évolution d'une dispute est la même, chacun de son côté, mais pas à la même cadence.
C'est souvent toujours le même qui fait le premier pas, au prix de nombreux sacrifices. Je ne suis pas de ces gens là, mea culpa !

Deux personnes, deux coeurs, un seul amour, une seule voix.

Quel soulagement quand la brume semble se clairsemer. C'est comme un poids trop lourd qu'on peut enfin poser et laisser au bord de la route sans plus s'en préoccuper.

Les plus belles déclarations d'amour ont d'abord souffert d'être déformées en reproches. Quel pied quand elles revêtent leur habit de lumière !

C'est bien vrai, on n'apprécie que mieux un bon chocolat chaud au coin du feu lorsqu'on a eu vraiment froid, ou un plat à la sauce Paradis mijoté par Papa quand on en a rêvé pendant plusieurs mois.

Finalement, la plus grand preuve d'amour, n'est ce pas de se donner tel que l'on est à l'autre, sans faux semblants ?
Le plus difficile en amour, n'est ce pas d'accepter que l'autre, celui à qui l'on veut tant plaire, ne nous voie pas toujours sous notre meilleur jour ?
Accepter ses failles et les reconnaître en son fort intérieur est accessible au premier venu, pour peu qu'on s'arrête un instant pour observer en vérité son reflet dans le miroir. Accepter que celui qu'on aime accède à ce miroir et verbalise ces défauts et ces failles, c'est une autre affaire...
Quelle confiance, quel respect on acquiert en se reconnaissant faible et en se remettant tout entier, tel que l'on est, dans les mains de l'autre ! Encore un savoureux paradoxe tel que je les aime.
Adieu l'orgueil, bonjour l'Amour !



"Aimer c'est tout donner et se donner soi même.
Quand je parlerais les langues des hommes et des anges
Si je n'ai pas l'amour, je suis comme l'airain qui sonne ou la cymbale qui retentit.

Aimer c'est tout donner et se donner soi même.
Si je prophétisais, et connaissais tous les mystères,
Si j'avais la foi à transporter les montagnes,
Sans l'amour je ne suis rien."

"La petite Thérèse"
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Mercredi 30 avril 2008

Il y a des mots qui résonnent en vous à l'infini. Jusqu'à ce que vous les ayez digérés ils se répercuteront contre les parois de votre égo et chacun de leurs rebonds sera plus douloureux que le précédent.

Et pourtant.

C'est après avoir entendu des mots tels que ceux-ci que vous avez pris un tournant décisif sur la route de votre vie. Ce sont ces mots là qui modifient radicalement votre vision du monde et celle de la place que vous y prenez.

Mots cruels.

Quoi de plus difficile que de reconnaître ses lacunes et ses défauts ? Sans feinte ni fausse modestie.
Quelle chance de pouvoir le faire avec l'appui de personnes désintéressées et aimantes, sans jugement aucun.
Prendre le recul nécessaire par rapport à soi même, laisser le désespoir au placard, se revêtir de courage et d'abnégation, et avancer. Droit devant, sans oeillères mais avec un but précis.
Ne pas se laisser influencer, ne pas écouter ce sifflement à mon oreille, cette voix grinçante qui me dit que je n'en suis pas capable.

J'ai toujours eu au coeur cette sensation bizarre. La conviction intime que j'étais la risée du monde, que j'étais nulle à pleurer et transparente comme une vitre. D'aucun diraient que j'ai eu une enfance difficile, brimée et humiliée par mes parents, que nenni !
J'ai grandi dans un nid de douceur et d'amour, entourée de la tendresse et des soins vigilants de mes parents.
Je bénéficie encore aujourd'hui de leur soutien affectueux et bienveillant.
Mais j'ai toujours été mal dans ma peau. Trop ci, pas assez ça... et surtout : "pas comme..."
Mon rapport aux autres a toujours été, depuis toute petite un rapport d'infériorité. Tout était mieux chez le voisin, et j'allais même jusqu'à mentir et m'inventer une vie pour paraître aussi proche que possible de la réalité de mon interlocuteur.
Pourquoi cette sainte horreur de la différence ? Je n'ai pas été moi même pendant des années.

Aujourd'hui j'ai envie de relever la tête. Et d'être fière de moi, un peu, pas trop quand même.
Parceque quand je regarde en arrière et que je vois le chemin parcouru, c'est vrai, je me suis pas mal démerdée.

J'ai la chance d'avoir de très bons amis qui me conseillent efficacement.

Ce que je suis, ce que je veux être, je l'ai déjà en moi.

J'ai grandi trop vite et je n'ai pas tout suivi, me laissant plus ou moins porter par la vague.
Aujourd'hui je prends les rennes, et ça va dépoter !

 

Au jour le jour, à petit pas, je vais bien finir par m'accepter telle que je suis.





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Mardi 29 avril 2008
Le couperet est tombé l'autre soir. Il émanait de la bouche de ma petite soeur, initié sans le vouloir par mon cher mari, et revenait en écho d'une lettre que j'avais reçue quelques semaines auparavant de la main de mon beau père.

Comment résumer en quelques mots toute la portée de cette vérité ?

Quelques mots... Consommatrice, c'est le plus général. Egoïste le plus exact. Ecervelée le plus indulgent. Creuse le plus cruel.

C'est tout cela et rien à la fois. Parcequ'à côté de ça j'entends les adjectifs "profonde" et "généreuse", petits morceaux de sucre. N'empêche que la médecine est difficile à couler.

Il est fréquent, si je ne m'abuse, d'être affublé dès la naissance de traits de caractères contradictoires. Tout comme la montagne ne saurait exister sans sa vallée, on voit une égoïste donner des signes récurents de générosité, ou bien un sévère rigoriste faire preuve d'une fantaisie insoupçonnée. C'est bien vrai, il ne faut jamais juger un livre d'après sa couverture !

Je ne suis pas née sous cette bonne étoile qui veut que tout un chacun recèle en lui le reflet lumineux de son côté sombre. 

Si je suis égoïste, -entendez par égoïste une prédisposition évidente à poser régulièrement la question suivante : "ET MOI ??!!"- je suis dans le même temps secrète et ne livre qu'au compte goutte mes impressions et mes sentiments. Partisane de la non communication ? Non, juste muselée par une force indicible et invincible, la pudeur.
Ecervelée c'est fort exact, je suis capable d'oublier un rendez vous important parceque j'ai tout simplement ommis de le noter dans mon agenda"c'est suffisamment important pour que je m'en souvienne, pas la peine de le noter..."-. Conjuguez à cela inconstance et paresse, vous obtiendrez un cocktail détonnant qui fait hurler mon époux de désespérance. 
Creuse, c'est le pendant de consumériste n'est ce pas ? Je prends, je jette, je ne m'attache pas. Je suis vide de tout ce que j'ai.  

Vous l'aurez remarqué également, j'ai une tendance à l'autodestruction et à la mutilation volontaire un peu morbide. Mais je me soigne.

Consommatrice. Il n'est pas arrivé par hasard dans la conversation, on s'en doute.
Le nerf est sensible, et jouer dessus c'est douloureux.
 Je suis sur la corde raide depuis un moment déjà. Depuis que Pierre Lapin va à l'école et que mon temps libre est vraiment libre.
En fait c'est vrai, je meurs d'envie de travailler. Pour m'occuper de moi oui, mais surtout pour me prouver à moi même que j'en suis capable.
Mais que de sacrifices de ma petite personne cela suppose !!
Des horaires fixes... des collègues à supporter....... des tâches ingrates et insignifiantes à réaliser............un patron à qui rendre des comptes....................... fini la fantaisie, les programmes de dernière minute. Bonjour les "j'ai pas le temps de discuter, je vais être en retard au travail".

Et je ne peux pas faire l'autruche indéfiniment en me retranchant derrière des excuses à deux balles puisque :

- J'ai une femme de ménage qui me fait TOUT dans l'appart. elle fait même le dîner maintenant.
- Mes enfants sont grands, ils sont à l'école de 8 h à 15 h, ce qui me laisse largement le temps de bosser et même de faire les boutiques en sortant.
- Mon mari est à l'écoute de ce que je souhaite. Si je bosse, il est content, si je ne bosse pas, il est content aussi, pourvu que je m'épanouisse.
- Je serais sur la même longueur d'ondes que mon mari si je bossais, chose qui n'est JAMAIS arrivée.

Oui mais ! (clin d'oeil à Liebig...)

-Quid de mes beaux idéaux et de ma bannière fièrement brandie de femme au foyer heureuse de l'être ?
--> Je suis heureuse d'être femme au foyer. C'est même un crève coeur pour moi de quitter ce statut.
c'est une vie de rêve, et j'en profite à 200 % J'ai des tas de copines qui vivent la même chose que moi et qui sont épanouies ainsi.

C'est quand même un comble.

Je m'apprête à prendre une décision douloureuse pour moi alors que personne ne m'y oblige.
Je suis sur le point de quitter une vie de confort en me faisant violence.

Et au moment où j'écris tout cela, je suis au fond de mon lit avec la fièvre. Elle a de l'espoir Asibella, à revendre. Allez, c'est mon jour de bonté aujourd'hui, tout est à moitié prix !
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