Raconter sa vie chaque année finissant par 2 et 7, du début à 2007... Alix l'a fait avant moi, brillamment, et j'ai suivi, ... pourquoi
? ... parceque j'adore parler de moi, c'est bien connu. J'ajouterai que toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé est complètement fait exprès :-P
1982. J'ai deux ans. J'ai déjà une petite soeur, Caroline, qui a 13 mois de moins que moi. Papa, 34 ans est
interne des hopitaux de Brest et Maman, 32 ans, a arrêté de travailler quand elle s'est mariée (elle était prof de danse chez Irène Popard). Nous avons élu domicile dans les
dépendances d'une vieille ferme près de Brest. Pas de chauffage, l'humidité et les souris s'incrustent...
Moi j'adore, je prends mon bain dans une bassine posée à coté du feu, et ma petite soeur a une moustiquaire sur son berceau, sinon les souris grimpent dedans. Je me souviens très bien qu'il
y avait des cochons dans la ferme à côté, ça vous en bouche un coin hein ?
Il parait que je nomme tous les fromages (gruyère, camembert, roquefort,) depuis l'age d'1 an... mais je mets ça sur l'admiration sans borne de Maman pour ses filles.
On va bientôt déménager puisque Papa a fini son internat et qu'il a trouvé un poste en Vendée, à La Roche sur Yon. Nos grands parents sont à Nantes, c'est super on va pouvoir se voir
souvent. On roule en R20 depuis peu, c'est quand même plus spacieux que la dodoche (2CV) et mon look se résume à des collants et robes chasubles tricotées ou salopettes, aux couleurs
bien pétantes (on sort des seventies, ne l'oublions pas !)
1987. On est toujours à La Roche, mais j'ai deux nouvelles petites soeurs qui se sont incrustées. Marie en 1984,
et Fanny en 1986. Eh oui, je vous entends les 4 filles du docteur... c'est ainsi qu'on nous appelle. Et d'ailleurs on en a tous les attributs.
Maman qui est folle de ses filles (et elle le peut !) adoooore nous habiller en coordonné, quand ce n'est pas exactement pareil... C'est bien simple, elle ne nous achète des fringues que
lorsqu'elle les trouve en quadruple. Je suis inscrite à l'école privée en face de la maison. Je crois que je suis la première de ma classe, et pas la dernière pour déconner. J'ai toujours été
super amie (amoureuse?) avec le gros looser de la classe, celui qui n'en fout pas une et qui met la pagaille. Quand je me faisais punir c'était parceque je n'avais pas pu m'empêcher d'exploser de
rire. Bon public moi ?
Ma maitresse de CE2 s'appelait madame Doussaint... je vous laisse imaginer les jeux de mots débiles... dont je me délectais et qui m'ont valu d'aller au coin plusieurs fois. Je m'évanouis
d'ailleurs quand je suis au coin. Je m'évanouis aussi tous les dimanche à la messe. Non non, je ne suis pas mysthique, ni voyante, je ne tiens pas debout plus de 3 min sans bouger c'est tout. Ca
me passera avec l'âge, mais à 10 ans s'évanouir devant toute la classe, c'est quand même sacrément la honte.
A la maison, c'est le bonheur tranquille, sans nuages. Maman nous consacre tout son temps et Papa, malgré un travail harassant est très présent pour nous.
On passe toutes nos vacances avec nos cousins qui ont sensiblement nos âges et qui ne sont que des garçons !! Souvenirs de bêtises, de rigolades en pagaille. De touche pipi aussi (fo bien
apprendre la vie !)
Avec Hubert, Louis, François et Caroline, on forme le club des 5, on y joue d'ailleurs très bien dans le parc de L'Aurière, la propriété familiale. La marchande est une de nos activités
favorites. Un tel fait le quicailler, l'autre le marchand de peluches, de bibelots, de produits de beauté, on dévalise les placards, on s'étale dans toute la maison, et on joue des
heures à marchander, inventorier, répertorier, étiqueter. Le pied.
Qui rangeait après ? Tiens il faudrait que je demande à Maman, elle doit se souvenir mieux que moi des afters...
1992. La vie m'a un peu malmenée depuis 5 ans. J'ai perdu ma grand mère maternelle et mon grand père paternel à
deux mois d'intervalle en 90. Rude épreuve, c'est la première fois que je vois Papa et Maman pleurer, je ne pensais pas que c'était possible.
On peut le dire je vis dans un cocon d'amour.
En 92 je suis au collège, toujours le même, mais il n'est plus en face de la maison parcequ'on a changé de maison. Papa et Maman sont proprios maintenant, et même si on a eu du mal à
quitter notre petite location, on adore cette maison, surtout à cause du jardin.
Je m'entends comme cochon avec Caroline, tout le monde nous prend pour des jumelles. D'ailleurs nous partageons tout : notre chambre, nos jeux, nos fringues. C'est fusionnel. Et on fait
front face aux "petites". C'est un peu la guerre, il faut le dire ( Me pardonnerez vous un jour, mes souffre douleur préférées ?...) "et nous à ton âge on n'avait pas le droit de dire ça", "tais
toi, t'es trop petite", et gnagnagna Mais au fond on les adore et on joue à toutes sortes de jeux avec elles. Au collège en revanche c'est galère. Je suis au scouts d'europe, rendez vous compte,
elle est fasho !, je porte des jupes et des serre têtes...
Maman cèdera à la pression assez rapidement, je finirai par porter des "blue jeans", mais qu'est ce que j'ai souffert en attendant. Heureusement que je ne portais pas de particule, je crois que
j'aurais été caillassée. C'est con un préado ! Heureusement, j'ai quand même quelques amis, et un amour blessé. Je soupirerai après lui sans relache pendant 4 années, sans résultat. J'étais pas
son genre fo croire.
1997. Coup de foudre, La première fois que je le vois, c'est à la messe ;-). Il est à l'autre bout de la
catédrale, et de son mètre 93, il dépasse tout le monde d'une tête. De mon mètre 86, je le repère et je ne le lache plus des yeux... j'avoue je n'ai pas beaucoup suivi la messe ce jour là... A la
sortie, je retrouve Pierre son meilleur ami, que je connais un peu. Il nous présente et c'est le début d'une longue, très longue histoire !
Je suis en terminale, j'ai une bande de copains géniale, et mon amoureux est à la FAC, pardon,à l'ICES "Institut Catholique d'Etudes Supérieurs" !
Il vient me chercher en voiture à la sortie du lycée... la classe !
Souvenirs d'un début d'émancipation grisant. Quand vos amis sont à la fac, ils ont le permis, en général. Et si en plus par bonheur ils ont une voiture c'est le pied. Et si en plus leurs
parents ont une maison de vacances sur la cote qui est inhabitée pendant l'année, quel pied !
Il ya Benoît, Christophe, Pierrick, François, Caro (ma soeur), Blandine, Pierre, et moi. On ne s'est pas perdus de vue, on a d'ailleurs passé le dernier réveillon ensemble.
C'est l'année du bac. Je n'en rame pas une au lycée. Rien ne m'intéresse en dehors de François, au grand désespoir de mes parents.
J'ai, dit-on, le défaut de ma qualité. Je me repose sur mes lauriers... Parceque j'y arrive sans rien faire, pourquoi me foulerais-je ? A l'époque cette philosophie de vie ne me choque pas
le moins du monde.
Je sèche les cours de sport, et François les cours de compta pour nous retrouver en cachette. Ca fera tache sur mon bulletin un 0 pointé en sport... je m'en moque, j'ai eu 17 en philo
coef 7, et pourtant j'ai cité la Bible dans ma dissert... !
Caro est dégoutée, elle sait que je n'ai pas révisé et je m'en sors avec mention AB. Ca doit être vrai ce que me disent mes profs, j'ai des facilités.
Mais je m'en balance ! C'est les vacances, et je ne pense qu'à retrouver ma plage chérie, les cousins, les amis, les soirées de rock endiablés, les balades interminables à vélo, les barbecuites,
, à Loctudy dans le Finistère, comme chaque année depuis ma naissance.
2002. Changement de décor. François et moi nous sommes mariés en 1999, un peu plus rapidement que prévu. Je suis
enceinte de Camille qui nait en 2000 à Saint Etienne, où nous nous sommes installés puisque François y est étudiant à l'école de Commerce.
On y restera 2 ans et demi. Jean- Baptiste nait en 2001. Je suis maman de 2 enfants à 22 ans.
Ce n'est pas tous les jours facile. Je suis loin de ma famille. Dans une ville inconnue, voire hostile. Un appart choisi à la va vite, que je n'aime pas, un voisinage exécrable. François est
étudiant, je suis au RMI, c'est l'époque des vaches maigres. Je fais des petits boulots en tous genres pour manger : vendeuse de saucisson, enquêtrice, téléopératrice.
Je me sens le Q entre deux chaises. Mes amies, celles de ma génération s'éclatent il faut le dire. Elles s'occupent d'elles, font de brillantes
études. Moi je suis dans les couches et les biberons, et je n'ai pas de diplômes. Et celles qui partagent mon quotidien, les mamans, ont toutes 10 ans de plus que moi, et ont eu le temps de vivre
pour elles, avant...
Je n'ai pas envie de reprendre mes études, par flemme sûrement, et je ne m'en sens pas capable. Heureusement que
j'ai François et mes deux bébés que j'adore !! Ils sont ma raison de vivre.
Avec du recul aujourd'hui je ne regrette rien pourtant, juste de ne pas m'être prise en main plus tôt.
Saint-Etiennen'a pas eu que du mauvais non plus, j'y ai rencontré ma meilleure amie, Marianne. En 10 minutes on était plus proches l'une de l'autre que si on s'était raconté nos vies pendant 10
ans. Ca c'est géant, et je souhaite à tout le monde de trouver une véritable Amitié comme j'ai trouvé la mienne en Marianne.
C'est paradoxal, j'ai un cruel besoin de mes racines, d'être entourée et je coupe les ponts avec un maximum de gens. Toutes mes amies de la Catho d'Angers, mes guidouilles, mes cousins tant
adorés. Black out.
Je crois que bien que des tentatives pour recoller les morceaux aient été tentées depuis, rien ne sera plus comme avant. J'ai changé de vie et je veux que ça se sache. Mais ça ne trompe
personne,je suis encore une adolescente.
2007. Après Saint Etienne, il y a eu Eaubonne (95) puis Faremoutiers (77) puis Paris XVII ème, et enfin Aubagne où
nous sommes aujourd'hui. Avec un nouveau projet de déménagement pour août 2007 vers Paris. Et en 2004, notre famille s'est agrandie avec Pierre. Et j'ai retrouvé cette joie de vivre qui
m'habitait avant l'arrivée dans la Vie, la vraie, celle qui ne fait pas de cadeau. Bien sûr, cette insouciance propre aux adolescents s'est envolée, pas un jour sans que je tremble pour les
miens. Mais la Paix est revenue, et aujourd'hui rien ne manque à notre bonheur. Ma famille, mon port d'attache désormais, c'est François et les enfants; j'ai mis du temps à l'accepter, c'est ce
qui m'a fait sombrer à une époque. Pas par manque d'amour, j'en avais et j'en ai à revendre. Par manque de maturité je pense. Et puis en 2002, je n'avais pas le forum des femmes au foyer ! et
pour cause il n'existait pas encore... Il fait désormais partie intégrante de ma vie pour la reconnaissance qu'il m'apporte, la fierté qu'il me procure, et les amitiés qu'il a
tissées.
Que reste-t-il aujourd'hui de tous mes souvenirs d'enfance ?
Que des sourires.
J'ai été heureuse avec mes parents, et je compte bien offrir la même chance à mes enfants. Papa et Maman vivent toujours dans la même maison, depuis 1989, celle où j'ai le plus de souvenirs et où
il fait si bon revenir en vacances et se retrouver entre soeurs !! Caroline s'est mariée en 2004, elle attend son premier enfant et m'a demandé de devenir sa "tante Marraine". On a tous adopté
son nouveau surnom que j'adore : "Mogette", je ne l'appelle plus que comme ça, ça risque de lui rester ( pour les non initiés, la mogette est un haricot blanc Vendéen)
Comme dit François, ma famille, c'est un concentré d'Heidi à la montagne et de la Mélodie du Bonheur. Pourvu que ça dure !!!
Ce que la vie m'a appris jusqu'ici, c'est, entre autres, qu'on ne connait jamais vraiment une personne, puisqu'elle est sans cesse en
devenir. Et c'est tellement mieux ainsi !
Je passe le flambeau à 5 bloggeuses, si elles le souhaitent, Minimoi, Mimie, Co de Contes, Marryne, et Dominique et Manou, les ménagères de moins de 50 ans, même si
je sais qu'elles n'en raffolent pas... j'adore leur plume, alors je sollicite ! ;-)