Mardi 29 avril 2008
Le couperet est tombé l'autre soir. Il émanait de la bouche de ma petite soeur, initié sans le vouloir par mon cher mari, et revenait en écho d'une lettre que j'avais reçue quelques semaines auparavant de la main de mon beau père.

Comment résumer en quelques mots toute la portée de cette vérité ?

Quelques mots... Consommatrice, c'est le plus général. Egoïste le plus exact. Ecervelée le plus indulgent. Creuse le plus cruel.

C'est tout cela et rien à la fois. Parcequ'à côté de ça j'entends les adjectifs "profonde" et "généreuse", petits morceaux de sucre. N'empêche que la médecine est difficile à couler.

Il est fréquent, si je ne m'abuse, d'être affublé dès la naissance de traits de caractères contradictoires. Tout comme la montagne ne saurait exister sans sa vallée, on voit une égoïste donner des signes récurents de générosité, ou bien un sévère rigoriste faire preuve d'une fantaisie insoupçonnée. C'est bien vrai, il ne faut jamais juger un livre d'après sa couverture !

Je ne suis pas née sous cette bonne étoile qui veut que tout un chacun recèle en lui le reflet lumineux de son côté sombre. 

Si je suis égoïste, -entendez par égoïste une prédisposition évidente à poser régulièrement la question suivante : "ET MOI ??!!"- je suis dans le même temps secrète et ne livre qu'au compte goutte mes impressions et mes sentiments. Partisane de la non communication ? Non, juste muselée par une force indicible et invincible, la pudeur.
Ecervelée c'est fort exact, je suis capable d'oublier un rendez vous important parceque j'ai tout simplement ommis de le noter dans mon agenda"c'est suffisamment important pour que je m'en souvienne, pas la peine de le noter..."-. Conjuguez à cela inconstance et paresse, vous obtiendrez un cocktail détonnant qui fait hurler mon époux de désespérance. 
Creuse, c'est le pendant de consumériste n'est ce pas ? Je prends, je jette, je ne m'attache pas. Je suis vide de tout ce que j'ai.  

Vous l'aurez remarqué également, j'ai une tendance à l'autodestruction et à la mutilation volontaire un peu morbide. Mais je me soigne.

Consommatrice. Il n'est pas arrivé par hasard dans la conversation, on s'en doute.
Le nerf est sensible, et jouer dessus c'est douloureux.
 Je suis sur la corde raide depuis un moment déjà. Depuis que Pierre Lapin va à l'école et que mon temps libre est vraiment libre.
En fait c'est vrai, je meurs d'envie de travailler. Pour m'occuper de moi oui, mais surtout pour me prouver à moi même que j'en suis capable.
Mais que de sacrifices de ma petite personne cela suppose !!
Des horaires fixes... des collègues à supporter....... des tâches ingrates et insignifiantes à réaliser............un patron à qui rendre des comptes....................... fini la fantaisie, les programmes de dernière minute. Bonjour les "j'ai pas le temps de discuter, je vais être en retard au travail".

Et je ne peux pas faire l'autruche indéfiniment en me retranchant derrière des excuses à deux balles puisque :

- J'ai une femme de ménage qui me fait TOUT dans l'appart. elle fait même le dîner maintenant.
- Mes enfants sont grands, ils sont à l'école de 8 h à 15 h, ce qui me laisse largement le temps de bosser et même de faire les boutiques en sortant.
- Mon mari est à l'écoute de ce que je souhaite. Si je bosse, il est content, si je ne bosse pas, il est content aussi, pourvu que je m'épanouisse.
- Je serais sur la même longueur d'ondes que mon mari si je bossais, chose qui n'est JAMAIS arrivée.

Oui mais ! (clin d'oeil à Liebig...)

-Quid de mes beaux idéaux et de ma bannière fièrement brandie de femme au foyer heureuse de l'être ?
--> Je suis heureuse d'être femme au foyer. C'est même un crève coeur pour moi de quitter ce statut.
c'est une vie de rêve, et j'en profite à 200 % J'ai des tas de copines qui vivent la même chose que moi et qui sont épanouies ainsi.

C'est quand même un comble.

Je m'apprête à prendre une décision douloureuse pour moi alors que personne ne m'y oblige.
Je suis sur le point de quitter une vie de confort en me faisant violence.

Et au moment où j'écris tout cela, je suis au fond de mon lit avec la fièvre. Elle a de l'espoir Asibella, à revendre. Allez, c'est mon jour de bonté aujourd'hui, tout est à moitié prix !
publié dans : Grattage de nombril
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Commentaires

Tiens voilà presque un message que j'aurais pu écrire (je suis nettement moins réservée que toi et j'ai déjà travaillé "avant", tu l'auras remarqué mais pour le reste c'est tout à fait moi)
en attendant remets toi vite.
commentaire n° : 1 posté par : minimoi (site web) le: 29/04/2008 11:35:43

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