" L'expatriation accentue beaucoup l'intensité et la fréquence des hauts et des bas qui passeraient presque inaperçu
dans une vie normale. Enfin, la période de désert est indispensable à mon sens pour se trouver!"
Merci Marine pour ton témoignage, c'est exactement ce que je ressens.
Nous les expats on ne connait pas le tiède, c'est ou tout blanc ou tout noir. Bizarre?...Logique. Et épuisant.
Mais quand c'est bien, qu'est ce que c'est bien !!
Après une période de désert normale aux dires des spécialistes, j' ai vécu mardi dernier une de ces journées qui me rebooste pour plusieurs semaines et qui me fait oublier mes heures de sommeil à
rattraper.
9 h 30 : réunion chez E. je m'incruste avec C. dans la troupe de théâtre dont j'ai vu la représentation il y a 15 jours. Les applaudissements du public en délire résonnent encore dans leurs
oreilles, je les regarde, amusée et envieuse. Moi aussi j'ai envie d'y participer, c'est chose faite, je suis contente. Je ne suis pas montée sur une scène depuis le collège. On avait joué en
Espagnol "Noces de Sang" de Garcia Lorca, glauquissime mais moi j'étais contente, j'étais la fiancée, j'avais une belle robe et mon comparse fiancé n' était pas vilain(il m'appelait "mon Isa").
Que mr Asibella qui vient de bondir de son siège se rassoie, c'est resté purement théâtral et platonique.
Je me suis vue remettre une scène de Tartuffe que je joue avec C. Je joue le rôle de Mariane, C. le rôle de Dorine. Mariane vient d'apprendre que son père veut la marier à Tartuffe, or
Mariane est éperduement amoureuse de Valère. Dorine, la servante et confidente de Mariane a prêché pour la paroisse de sa maîtresse quand celle ci n'a pas été capable de réagir et d'exposer son
point de vue à son père.
La scène que nous jouons commence au moment où le père de Mariane sort. Dorine, restée seule avec sa maîtresse et qui n'a pas la langue dans sa poche, lui fait connaître le fond de sa
pensée. Mariane, cette cruche n'a pas réagi et s'apprête, par obéissance à gâcher sa vie et son amour.
Je joue donc une quiche. Et ça m'éclate à l'avance.
Et pourtant quel trac ! Ce petit groupe de femmes d'expat (nous sommes 9) est très jovial, bienveillant et sans jugement. Il n'empêche, on a beau être en terrain conquis, l'émotion est là avant
de prendre la parole devant plusieurs paires d' yeux qui, on ne se refait pas, jouent bien sûr dix mille fois mieux que moi.
J'aime le théâtre. Il me force à me soumettre au regard des autres, à me dépasser, à sortir de moi même et à me remuer les entrailles. Une vraie thérapie.
Nous sommes dans le jardin d' E. Petit café, biscuits et bonne humeur. Il fait un soleil de plomb mais la morsure du soleil passe inaperçue. On se déplace, on s'isole dans un coin pour réviser
son texte, on est captivées pas les scènes des autres. Résultat : ECREVISSE.
A 13 h la séance est finie.
Tartuffe c'était de l'entrainement. Une scène, c'est de la rigolade ! Le projet de notre professeur est nettement plus audacieux. Je vous le livre en exclusivité.
En mai 2009, à l'institut Français de Bucarest se jouera la pièce de Robert Thomas, 8 femmes, adaptée à l'écran par François Ozon. Nous avons la pièce en intégralité à lire pour mardi
prochain.
L'idéal aurait été de ne pas voir le film, pour ne pas être influencée. Je l'ai vu c'est balo.
On doit s'imprégner des personnages, s'imaginer dans chacun des rôles, et trouver les deux rôles qui nous conviendraient le mieux, sans y chercher de ressemblance avec notre personnalité, en
ayant tout de même à l'idée qu'il est plus facile de vieillir une comédienne que de la rajeunir.
Je m'en va vous faire une présentation des personnages avec photos à l'appui, il vous faudra choisir lesquels me conviendraient le mieux.
LA FAMILLE
Gaby (Catherine Deneuve): la mère, une belle femme de 45 ans, élégante, racée, la parfaite bourgeoise. Aime beaucoup son confort, un peu ses filles...et très peu son
mari.
Suzon (Virginie Ledoyen): sa fille aînée, 20 ans, jolie, fraîche, charmante. Fait ses études en Angleterre, ce qui fait très chic.
Catherine (Ludivine Sagnier): sa fille cadette, 17 ans, espiègle, très "nouvelle vague", adore les romans policiers qu'elle lit la nuit... Le clown de la famille ! A ne pas
présenter aux relations mondaines !
Mamy (Danielle Darrieux): la grand mère, provinciale dépassée par les évènements, songe à ses rentes, à son confort, s'est fait héberger dans la maison, adore sa famille
(dit-elle !)
Augustine (Isabelle Huppert): soeur de Gaby, physique acide. Se plaint de tout, toujours à tout le monde. A cherché en vain un mari qu'elle n'a pas trouvé. Elle
fait payer cet échec à sa famille. Passe les fêtes de Noël avec plaisir, car elle est gourmande.
LA DOMESTICITE
Madame Chanel (la noire, je connais pas son nom): Charmante dame de 50 ans. Elle a élevé les enfants. Fait presque partie de la famille. Doit savoir pas mal de petits secrets
qu'elle ne dira jamais. Une brave femme (sans doute ?)
Louise (Emmanuelle Beart): La nouvelle femme de chambre. 25 ans, belle fille, assez insolente et perverse... Ne se laisse pas monter sur les pieds... De la dynamite !
ET CELLE QUE L'ON N'ATTENDAIT PAS
Pierrette (Fanny Ardant): une belle femme de 35 ans. De la croupe, de la mâchoire, du réflexe. "Ancienne danseuse nue" disent ces dames... "Pure comme un lys et
victime des hommes" dit Madame Chanel.
A vos vôtes, à vot' bon coeur m'sieur dames !










